01/04/2009

S'il l'avait su...

 Victoria Frances024

Illustration de Victoria Frances



S'il l'avait su...

S'il avait su quelle âme il a blessée,
Larmes du coeur, s'il avait pu vous voir,
Ah ! si ce coeur, trop plein de sa pensée,
De l'exprimer eût gardé le pouvoir,
Changer ainsi n'eût pas été possible ;
Fier de nourrir l'espoir qu'il a déçu :
A tant d'amour il eût été sensible,
S'il avait su.

S'il avait su tout ce qu'on peut attendre
D'une âme simple, ardente et sans détour,
Il eût voulu la mienne pour l'entendre,
Comme il l'inspire, il eût connu l'amour.
Mes yeux baissés recelaient cette flamme ;
Dans leur pudeur n'a-t-il rien aperçu ?
Un tel secret valait toute son âme,
S'il l'avait su.

Si j'avais su, moi-même, à quel empire
On s'abandonne en regardant ses yeux,
Sans le chercher comme l'air qu'on respire,
J'aurais porté mes jours sous d'autres cieux.
Il est trop tard pour renouer ma vie,
Ma vie était un doux espoir déçu.
Diras-tu pas, toi qui me l'as ravie,
Si j'avais su !

Marceline Desbordes Valmore

 

Comme je l'ai déjà dit, j'adore les poèmes de Marceline Desbordes. D'autres viendront s'ajouter à ceux que j'ai déjà eu le plaisir de partager avec vous.

04:08 Écrit par papillonbleu1977 dans Victoria Frances | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : amour, poeme, deception, marceline desbordes |  Facebook |

27/11/2008

L'attente...

 sablier - l'attente

 

L'attente

Quand je ne te vois pas, le temps m'accable, et l'heure
A je ne sais quel poids impossible à porter :
Je sens languir mon coeur, qui cherche à me quitter ;
Et ma tête se penche, et je souffre et je pleure.

Quand ta voix saisissante atteint mon souvenir,
Je tressaille, j'écoute... et j'espère immobile ;
Et l'on dirait que Dieu touche un roseau débile ;
Et moi, tout moi répond : Dieu ! faites-le venir !

Quand sur tes traits charmants j'arrête ma pensée,
Tous mes traits sont empreints de crainte et de bonheur ;
J'ai froid dans mes cheveux ; ma vie est oppressée,
Et ton nom, tout à coup, s'échappe de mon coeur.

Quand c'est toi-même, enfin ! quand j'ai cessé d'attendre,
Tremblante, je me sauve en te tendant les bras ;
Je n'ose te parler, et j'ai peur de t'entendre ;
Mais tu cherches mon âme, et toi seul l'obtiendras !

Suis-je une soeur tardive à tes voeux accordée ?
Es-tu l'ombre promise à mes timides pas ?
Mais je me sens frémir. Moi, ta soeur ! quelle idée !
Toi, mon frère ! ... ô terreur ! Dis que tu ne l'es pas !

Marceline Desbordes Valmore


Et oui encore un poème de Marceline Desbordes, je ne m'en lasse pas ...

11:00 Écrit par papillonbleu1977 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coeur, poeme, attente, marceline desbordes |  Facebook |

26/11/2008

La ronce...

 royo - la ronce

 Illustration Luis Royo

 

La ronce

Pour me plaindre ou m'aimer je ne cherche personne ;
J'ai planté l'arbre amer dont la sève empoisonne.
Je savais, je devais savoir quel fruit affreux
Naît d'une ronce aride au piquant douloureux.
Je saigne. Je me tais. Je regarde sans larmes
Des yeux pour qui mes pleurs auraient de si doux charmes.

Dans le fond de mon coeur je renferme mon sort,
Et mon étonnement, et mes cris, et ma mort.
Oui ! Je veux bien mourir d'une flèche honteuse,
Mais sauvez-moi, mon Dieu ! De la pitié menteuse.
Oh ! La pitié qui ment ! Oh ! Les perfides bras
Valent moins qu'une tombe à l'abri des ingrats.

Marceline Desbordes Valmore


Voici encore un très beau poème de Marceline Desbordes...

09:00 Écrit par papillonbleu1977 dans Luis Royo | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : coeur, poeme, ronce, pleurs, marceline desbordes |  Facebook |

22/11/2008

Le souvenir...

032 anarasha - le souvenir

 Illustration Anarasha

 

Le souvenir

Ô délire d'une heure auprès de lui passée,
Reste dans ma pensée !
Par toi tout le bonheur que m'offre l'avenir
Est dans mon souvenir.

Je ne m'expose plus à le voir, à l'entendre,
Je n'ose plus l'attendre,
Et si je puis encore supporter l'avenir,
C'est par le souvenir.

Le temps ne viendra pas pour guérir ma souffrance,
Je n'ai plus d'espérance ;
Mais je ne voudrais pas, pour tout mon avenir,
Perdre le souvenir !

Marceline Desbordes Valmore


Voici un poème de Marceline Desbordes Valmore, je partagerai avec vous encore bien d'autres poèmes de cet auteur car je les adore tout simplement ...

Les souvenirs sont doux, amers, tendres, douloureux, etc... beaucoup d'adjectifs différents peuvent leur être attibués mais ils ont au moins un point commun : ils font partie de nous.

Et vous, appréciez-vous les souvenirs?

19:43 Écrit par papillonbleu1977 dans Anarasha | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : poeme, souvenir, marceline desbordes |  Facebook |